Politique
«Bikelash» au Palais fédéral
Diverses initiatives parlementaires déposées récemment visent à freiner le développement du vélo. En revanche, les mesures efficaces qui rendraient les déplacements cyclistes plus sûrs restent en suspens. PRO VELO s’oppose à cette inversion des priorités.

L’année dernière, pas moins de quatre interventions parlementaires visant à rendre la pratique du vélo plus difficile ont été déposées sous la Coupole fédérale. Nina Fehr Düsel demande ainsi l’introduction d’une nouvelle taxe sur les vélos afin de cofinancer les infrastructures cyclables. La demande de Mauro Poggia visant à rendre obligatoire l’immatriculation de tous les vélos cargos et longtails a déjà été approuvée par le Conseil des Etats. Daniel Sormanni souhaite quant à lui introduire le port obligatoire du casque pour tous les cyclistes et limiter le transport d’enfants à deux par vélo, tandis que Didier Calame demande une formation obligatoire pour les cyclistes et l’immatriculation obligatoire de tous les vélos.
Le «bikelash»* a donc définitivement fait son entrée au Parlement fédéral. Il est frappant de constater que ces quatre initiatives émanent toutes d’un groupe parlementaire, qui se présente généralement comme le champion de la lutte contre la bureaucratie et la réglementation excessive. Depuis l’adoption très nette de l’arrêté fédéral sur le vélo avec 74% de «oui» en 2018, mais surtout depuis l’entrée en vigueur de la loi sur les voies cyclables début 2023, le vélo a le vent en poupe en Suisse. Le nombre de cyclistes augmente, tout comme la diversité des types de vélos. Les deux-roues (non fossiles…) sont de plus en plus présents dans le paysage urbain et des voies de circulation et des places de stationnement sont supprimées pour créer des infrastructures cyclables sûres. Le lobby automobile ne reste pas les bras croisés, y compris au Parlement fédéral. Après avoir perdu le vote sur l’extension des autoroutes l’automne dernier, il s’en prend désormais ouvertement au vélo.
* Mot-valise composé de bike (vélo) et backlash (contrecoup)